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Initiative pour une alimentation sûre : « Refusons les caricatures, débattons de notre souveraineté alimentaire »

Rudi Berli devant une serre maraîchère

Genève, le 27 août 2026 – L’initiative pour une alimentation sûre pose deux questions fondamentales : l’érosion constante du taux d’auto-approvisionnement de la Suisse et la nécessité d’une production durable. La politique agricole actuelle maintient une forte pression productiviste, dont elle tente d’atténuer les dégâts environnementaux par une multitude de mesures de compensation. Cette approche est un double échec. D’un côté, elle met en danger l’approvisionnement de la population en précipitant la disparition de l’agriculture paysanne suisse ; de l’autre, elle menace l’intégrité des ressources naturelles, pourtant fondement même de notre production.

Cependant, l’initiative pour une alimentation sûre aurait des conséquences très lourdes pour une grande partie des fermes de notre pays, dont la vaste majorité – près de 90 % – intègre l’élevage. S’il est indispensable de revaloriser la production végétale, cet objectif ne doit pas se construire en opposition à la production animale. Un modèle vertueux passe nécessairement par une polyculture paysanne diversifiée, combinant élevage et cultures, en lien direct avec les ressources naturelles locales. Il s’oppose fondamentalement à l’agriculture industrielle détachée du sol.

Malheureusement, ce débat central est totalement évacué, tant par le texte de l’initiative que par la campagne de ses opposants. Les impacts sociaux sur les prix, sur les revenus agricoles ou encore sur l’évolution de la demande des consommateurs sont superbement ignorés.

Au lieu de cela, la campagne se réduit à une caricature opposant une certaine identité suisse – symbolisée par la défense du cervelas – à un prétendu « diktat végan ». Soyons sérieux : ce diktat n’existe pas. Le véganisme représente aujourd’hui moins de 1 % de la population suisse. Prétendre que cette minorité chercherait à imposer son mode de vie à l’ensemble de la société relève de la fabulation. Cette rhétorique tire le débat politique vers le bas et masque un refus d’affronter les véritables défis de notre agriculture.

Je reste fermement opposé à cette initiative, mais je souhaite avant tout que l’on promeuve une agriculture suisse diversifiée, rémunératrice et nourricière, plutôt que de s’épuiser dans des clivages populistes qui méprisent l’intelligence citoyenne.

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